Siemens SINAMICS G : les vraies nouveautés de 2026

Siemens SINAMICS G : les vraies nouveautés de 2026 1000 1000 Eeprom Robotics

Siemens SINAMICS G : que change réellement la nouvelle génération de variateurs ?

Le 28 octobre 2026, Siemens Digital Industries a annoncé quatre nouveaux variateurs destinés aux applications industrielles : les SINAMICS G200, G210C, G210 et G210X. Derrière cette nouvelle gamme, le constructeur ne présente pas une technologie révolutionnaire, mais une évolution plus profonde de son architecture d’entraînement. Alors que les fonctions de sécurité, les interfaces de communication et les outils numériques existent déjà sur les générations précédentes, qu’apportent réellement ces nouveaux modèles aux constructeurs de machines ?

Une nouvelle génération qui s’appuie sur des technologies éprouvées

La famille SINAMICS G n’en est pas à sa première évolution. Les variateurs G120 et G120C disposent depuis plusieurs années de fonctions avancées de commande moteur, de sécurité intégrée et de communication industrielle. L’environnement TIA Portal et l’outil Startdrive font également partie des solutions utilisées par les automaticiens pour configurer et diagnostiquer les entraînements Siemens.

La nouveauté annoncée fin octobre 2026 repose donc moins sur l’apparition de fonctions inédites que sur la volonté de Siemens de les réunir au sein d’une plateforme technologique commune.

Les quatre nouveaux modèles rejoignent le SINAMICS G220, introduit en 2023. Ensemble, ils constituent une gamme couvrant différents niveaux de performances, depuis les applications de variation de vitesse standards jusqu’aux équipements nécessitant un contrôle moteur plus élaboré.

Cette démarche vise notamment les constructeurs de machines qui utilisent plusieurs familles de variateurs et doivent maintenir différents paramétrages, configurations matérielles et procédures de maintenance.

Du G120C au G210C : une évolution plus intéressante qu’il n’y paraît

Parmi les nouveautés, le SINAMICS G210C retient particulièrement l’attention pour les machines compactes et les installations de convoyage.

Il couvre une plage de puissance de 0,55 à 7,5 kW en alimentation triphasée 380–480 V et prend en charge différentes technologies de moteurs, notamment les moteurs asynchrones, les moteurs synchrones à aimants permanents et les moteurs à réluctance synchrone.

Siemens annonce un format particulièrement compact, avec des dimensions commençant à 50 × 171 × 170 mm et la possibilité d’installer les variateurs avec seulement 3 mm d’espacement latéral, dans les conditions prévues par le constructeur.

Le G210C intègre également des filtres CEM, un hacheur de freinage et une architecture de refroidissement avec circulation d’air indépendante.

Ces choix peuvent présenter un intérêt concret pour les constructeurs confrontés à une augmentation du nombre d’entraînements dans leurs armoires électriques.

La capacité de surcharge atteint 200 % pendant 3 secondes, mais il est important de préciser que cette performance existait déjà sur le G120C dans certaines conditions de dimensionnement. L’avantage potentiel du G210C ne réside donc pas dans ce chiffre pris isolément, mais dans les caractéristiques de l’ensemble.

Autre évolution : Siemens annonce une amélioration du contrôle moteur et une prise en charge des moteurs à haut rendement IE4 et IE5. Cette compatibilité peut faciliter le choix de motorisations plus économes en énergie, mais elle ne garantit pas à elle seule une réduction de consommation sur toutes les applications.

Un exemple sur une machine de convoyage

Prenons une ligne comportant plusieurs convoyeurs motorisés, avec des charges variables et des démarrages fréquents.

Le choix du variateur dépendra notamment du couple nécessaire au démarrage, du cycle de fonctionnement, de la ventilation de l’armoire et des éventuelles phases de freinage.

Avec le G210C, l’intégrateur dispose d’un variateur compact offrant une capacité de surcharge élevée, plusieurs modes de commande moteur et des possibilités de paramétrage adaptées à une architecture SIMATIC.

Le bénéfice ne sera pas forcément une augmentation spectaculaire de la cadence machine. Il pourra surtout se situer dans l’optimisation de l’implantation électrique, la gestion des différentes motorisations et la standardisation de l’ingénierie.

Des fonctions de sécurité déjà connues, mais une architecture actualisée

Siemens met largement en avant la sécurité fonctionnelle de cette nouvelle génération, avec des niveaux pouvant atteindre SIL 3, PL e et catégorie 4 selon les modèles et les fonctions concernées.

Il ne s’agit pourtant pas d’une nouveauté absolue.

Les variateurs SINAMICS G120 et G120C proposaient déjà des fonctions telles que STO (Safe Torque Off), SS1 (Safe Stop 1), ainsi que la commande de sécurité via PROFIsafe.

L’évolution concerne principalement l’intégration de ces fonctions dans la nouvelle architecture et leur disponibilité selon les modèles.

Le G210C propose notamment STO, SS1-t, PROFIsafe et des fonctions Safety Integrated étendues. Le G210 offre également différentes fonctions de surveillance sûre du mouvement, suivant les licences et configurations retenues.

Pour un concepteur de machines, la question importante n’est donc pas de savoir si le variateur possède une fonction STO, mais quelles fonctions de sécurité sont disponibles, dans quelles conditions et avec quel niveau de performance.

Une analyse des risques reste indispensable pour définir si la fonction intégrée correspond réellement aux besoins de l’application.

La cybersécurité devient un critère de conception des entraînements

C’est sur ce sujet que l’évolution de la gamme prend une dimension particulièrement actuelle.

Avec la multiplication des équipements connectés, les variateurs de fréquence ne sont plus de simples composants électrotechniques commandés par l’automate. Ils deviennent des équipements réseau disposant de paramètres, d’interfaces de maintenance et de données d’exploitation.

Siemens annonce avoir développé la nouvelle génération selon une démarche Security by Design, avec des capacités de cybersécurité pouvant atteindre le niveau SL-C 2 de la norme IEC 62443-4-2.

Le constructeur indique également vouloir préparer ses produits aux exigences du règlement européen Cyber Resilience Act.

La démarche n’est pas entièrement nouvelle chez Siemens, mais son extension à une famille plus large de variateurs constitue une évolution significative.

Pour les constructeurs de machines, cela implique de considérer les variateurs dans la politique de cybersécurité de l’installation : gestion des utilisateurs, accès de maintenance, segmentation réseau, versions de firmware et maîtrise des modifications de paramètres.

Il reste toutefois nécessaire de distinguer les capacités annoncées pour un produit de la conformité réglementaire d’une machine ou d’une installation complète.

Une plateforme commune pour limiter les différences entre machines

L’un des enjeux principaux de cette génération concerne l’ingénierie.

Dans un atelier de construction de machines, il n’est pas rare de retrouver plusieurs gammes de variateurs Siemens, choisies au fil des projets selon les puissances, les types de moteurs ou les exigences fonctionnelles.

Cette diversité peut entraîner des différences dans les outils de configuration, les procédures de remplacement et les diagnostics disponibles.

Siemens cherche à réduire ces écarts en proposant une approche commune autour de TIA Portal, Startdrive, des interfaces Web de mise en service et des possibilités d’échange de données.

Le SINAMICS G210, par exemple, peut fonctionner avec plusieurs technologies de moteurs et différents modules de communication ou d’interface codeur. Il dispose également de fonctions de contrôle vectoriel et d’une compatibilité avec les moteurs à haut rendement.

Le G210X conserve quant à lui une orientation vers les pompes, ventilateurs et compresseurs, avec des fonctions adaptées à ces applications et des versions IP20 ou IP55.

Le principal intérêt est donc de pouvoir choisir un variateur adapté à chaque fonction tout en limitant les différences d’ingénierie entre les équipements.

Cette homogénéisation peut faciliter la maintenance d’un parc machines, même si elle ne supprime pas les spécificités propres à chaque référence.

OPC UA et maintenance prédictive : attention à ne pas confondre données disponibles et diagnostic intelligent

Siemens met également en avant l’exploitation des données d’entraînement via OPC UA pour la maintenance et la gestion énergétique.

Là encore, le principe n’est pas nouveau.

Les réseaux industriels permettent depuis longtemps de récupérer des états de fonctionnement, des défauts, des courants ou des informations thermiques.

L’intérêt d’OPC UA réside notamment dans la possibilité de mettre ces données à disposition de systèmes de supervision et d’applications logicielles sans les limiter à leur utilisation dans le programme automate.

Mais récupérer le courant d’un moteur ne signifie pas disposer automatiquement d’une maintenance prédictive.

Prenons un convoyeur dont la consommation électrique augmente progressivement en raison d’un frottement mécanique.

Un historique du courant moteur peut aider à identifier cette dérive, mais il faut encore prendre en compte la vitesse, la charge transportée, les phases d’accélération et les conditions normales de fonctionnement.

La valeur ajoutée ne vient donc pas uniquement du protocole de communication, mais de la manière dont les données sont collectées, contextualisées et analysées.

Il faudra par ailleurs vérifier, modèle par modèle, les données réellement accessibles et les interfaces disponibles.

Une concurrence déjà bien équipée

Siemens arrive sur un marché où les principaux fabricants ont eux aussi fait évoluer leurs variateurs vers davantage de connectivité, de sécurité et de facilité d’intégration.

Schneider Electric propose avec l’Altivar Machine ATV340 une solution destinée aux constructeurs de machines, combinant contrôle moteur avancé, fonctions de sécurité et communication industrielle.

Danfoss, avec la famille iC7-Automation, met l’accent sur la flexibilité des architectures, les performances d’entraînement et la cybersécurité. Sa capacité à prendre en charge différents protocoles industriels peut notamment intéresser les constructeurs travaillant avec plusieurs marques d’automates.

Rockwell Automation développe une approche comparable avec PowerFlex 755TS, en associant contrôle moteur, données de diagnostic et intégration dans son environnement d’automatisation.

La sécurité intégrée, la communication Ethernet ou les fonctions de surveillance ne suffisent donc plus, à elles seules, à différencier un variateur.

L’argument de Siemens repose davantage sur la cohérence de son écosystème : variateurs, automates SIMATIC, TIA Portal, outils de configuration et exploitation des données.

Cet avantage sera particulièrement sensible pour les constructeurs déjà fortement équipés en solutions Siemens. Pour une architecture multimarque, les possibilités de communication, les coûts d’intégration et la liberté de choix des composants resteront des critères importants.

Faut-il remplacer les G120 et G120C ?

L’annonce d’une nouvelle génération ne signifie pas que les variateurs existants deviennent immédiatement obsolètes.

Les G120 et G120C restent des équipements éprouvés, avec des fonctions de sécurité, des modes de commande moteur et des possibilités de communication déjà avancés.

Pour une installation existante fonctionnant correctement, le remplacement d’un variateur n’a donc pas nécessairement d’intérêt immédiat.

En revanche, pour une nouvelle conception machine, le G210C ou le G210 peuvent mériter d’être étudiés, notamment lorsque l’encombrement, le type de moteur, les exigences de cybersécurité ou la standardisation des équipements sont déterminants.

Une attention particulière devra être portée à la compatibilité mécanique et électrique, à la reprise des paramètres, aux versions de TIA Portal/Startdrive et à la validation des fonctions de sécurité.

Il ne faut pas considérer ces nouveaux modèles comme des remplaçants directement interchangeables avec les générations précédentes sans étude technique.

Conclusion : une évolution de plateforme plus qu’une révolution technologique

Avec les SINAMICS G200, G210C, G210 et G210X, Siemens poursuit le renouvellement de sa gamme de variateurs autour d’une plateforme technologique commune introduite avec le G220.

Les nouveautés ne résident pas dans l’invention de STO, de PROFIsafe, de la communication industrielle ou des outils de diagnostic : toutes ces technologies étaient déjà présentes sur différentes générations.

L’évolution est plus structurelle.

Siemens cherche à proposer une gamme plus homogène, avec des outils d’ingénierie cohérents, une cybersécurité prise en compte dès la conception et des performances adaptées aux différentes catégories d’applications.

Pour les constructeurs et intégrateurs, le véritable intérêt de cette annonce réside dans les possibilités de standardisation et d’évolution des architectures machines.

La nouvelle génération SINAMICS G ne réinvente pas le variateur de fréquence. Elle cherche surtout à simplifier la façon dont les entraînements sont sélectionnés, intégrés et exploités dans les machines industrielles.