Murrelektronik MICO67 – protection électronique 24 V IP67 décentralisée

Murrelektronik MICO67 : la protection 24 V quitte l’armoire pour aller directement sur la machine

Murrelektronik MICO67 : la protection 24 V quitte l’armoire pour aller directement sur la machine 500 239 Eeprom Robotics

L’extension de la gamme MICO67 de Murrelektronik avec les variantes MICO67-Standard-4.4 et MICO67-Standard-4.6.

La nouveauté n’est pas la création de la famille MICO67 elle-même, déjà présente au catalogue, mais l’arrivée de versions capables de protéger et distribuer jusqu’à 4 A ou 6 A par canal directement en IP67. Ces variantes ont notamment été relayées par la presse technique début septembre 2026.

De quoi parle-t-on ?

Dans une architecture machine traditionnelle, l’alimentation 24 V arrive dans l’armoire électrique, où l’on retrouve l’alimentation, les protections électroniques ou fusibles, puis de longs câbles repartent vers les capteurs, électrovannes, moteurs DC, îlots d’E/S ou autres équipements installés sur la machine.

Murrelektronik propose avec MICO67 de déplacer une partie de cette architecture directement sur le terrain. Le module combine dans un boîtier IP67 la distribution du 24 V DC, la protection électronique contre les surintensités et la surveillance des différents départs. En cas de défaut, seul le canal concerné peut être coupé, afin d’éviter qu’un court-circuit sur un actionneur n’entraîne la chute de toute l’alimentation 24 V de la machine.

C’est une évolution particulièrement intéressante dans les architectures dites cabinet-free, où les constructeurs cherchent à sortir progressivement les E/S, les alimentations et les composants de distribution des coffrets électriques.

Deux nouvelles variantes pour aller jusqu’à 6 A par départ

Les nouvelles versions disposent de quatre sorties protégées et fonctionnent sous 24 V DC, avec un courant total maximal annoncé de 16 A.

La MICO67-Standard-4.4 utilise des sorties M12 codées A et accepte jusqu’à 4 A par canal. La MICO67-Standard-4.6 passe sur des connecteurs M12 codés L et permet d’aller jusqu’à 6 A par canal, ce qui ouvre le produit à des charges plus importantes qu’un simple réseau de capteurs.

On peut donc envisager d’alimenter non seulement des capteurs, mais également des électrovannes, des distributeurs pneumatiques, des modules d’E/S déportées, des petits moteurs DC, des éclairages industriels ou certains équipements de vision.

L’intérêt principal : protéger le câble au plus près de la charge

C’est probablement le point technique le plus intéressant.

Imaginons une armoire installée à 15 mètres d’un ensemble d’électrovannes. Si les départs sont protégés uniquement depuis l’armoire, chaque ligne doit être dimensionnée et protégée en tenant compte de cette longueur et du courant disponible.

Avec une protection électronique située directement sur la machine, une alimentation principale de section importante peut être amenée jusqu’au MICO67, puis redistribuée localement vers plusieurs consommateurs.

Murrelektronik met notamment en avant la possibilité de réaliser une réduction de section conforme directement sur le terrain, ce qui peut réduire les longueurs de câbles de forte section, le nombre de passages dans les chemins de câble et la place occupée dans l’armoire.

Pour un constructeur de machines modulaires, cette approche peut devenir particulièrement intéressante : chaque module mécanique peut disposer localement de sa distribution et de sa protection 24 V.

Une panne n’arrête plus nécessairement toute la machine

Le deuxième intérêt est la sélectivité.

Chaque départ est surveillé individuellement. En cas de surcharge ou de court-circuit, le canal fautif peut être coupé tandis que les autres restent alimentés.

Le module dispose également d’une surveillance du courant total afin de protéger l’ensemble contre une surcharge globale.

Pour la maintenance, Murrelektronik prévoit des LED de diagnostic ainsi qu’un port fournissant l’information de déclenchement et une entrée de reset.

Des cas d’usage très concrets

Sur une ligne automatisée, une première application évidente concerne les îlots pneumatiques et électrovannes. Leur consommation peut être significative et un court-circuit sur une bobine ne doit idéalement pas arrêter l’ensemble des actionneurs de la machine.

Le MICO67 peut également être pertinent pour les îlots d’E/S déportées, les petits moteurs 24 V de convoyage, les systèmes de vision, l’éclairage machine ou les modules fonctionnels montés loin de l’armoire.

En robotique, on peut aussi imaginer plusieurs équipements périphériques installés autour d’une cellule : préhenseurs, capteurs, éclairages, lecteurs, systèmes de vision ou petits actionneurs. Une distribution protégée localement simplifie alors considérablement le câblage vers l’armoire principale.

L’intérêt augmente encore avec des machines modulaires ou des lignes devant être assemblées et démontées rapidement.


Comment MICO67 se positionne face à la concurrence ?

Le concept n’est pas totalement isolé. Plusieurs fabricants proposent des protections électroniques 24 V performantes, mais tous ne font pas les mêmes choix d’architecture.

Solution Architecture Point différenciant
Murrelektronik MICO67 Décentralisée IP67 Protection + distribution directement sur machine, M12, jusqu’à 6 A/canal
Beckhoff EP9224 Décentralisée IP65/66/67 Mesures courant/tension, datalogging et diagnostic directement via EtherCAT
Siemens SITOP SEL1600 Centralisée en armoire Jusqu’à 40 circuits et diagnostic/paramétrage via IO-Link
Phoenix Contact CAPAROC Centralisée sur rail DIN Système modulaire, courants réglables et communication possible via IO-Link/PROFINET

Beckhoff : davantage de données terrain

Le Beckhoff EP9224 est probablement l’alternative la plus proche conceptuellement. Il place lui aussi la protection électronique directement dans un boîtier IP65/66/67.

L’approche Beckhoff va cependant plus loin dans l’intégration au réseau : courants et tensions peuvent être remontés comme données process, la caractéristique de déclenchement est paramétrable et un datalogging peut être récupéré lorsqu’un défaut apparaît. Sur l’EP9224-0024, Beckhoff annonce huit circuits 24 V indépendants et jusqu’à 4 A par sortie.

Cette richesse a une contrepartie : la solution s’intègre naturellement dans une architecture EtherCAT / EtherCAT P.

Le MICO67 est plus simple et davantage indépendant du système de contrôle utilisé.

Siemens SITOP SEL1600 : très performant, mais dans l’armoire

Siemens adopte une autre logique avec SITOP SEL1600. Le système protège jusqu’à 40 circuits et utilise IO-Link pour le paramétrage et le diagnostic. Il est particulièrement intéressant lorsque l’on souhaite centraliser toute la distribution électrique dans l’armoire tout en disposant d’une supervision détaillée.

La différence avec MICO67 est donc avant tout architecturale : Siemens concentre la protection dans l’armoire alors que Murrelektronik cherche précisément à la déplacer vers la machine.

Phoenix Contact CAPAROC : une forte modularité

CAPAROC adopte également une architecture de tableau électrique sur rail DIN. Phoenix Contact propose notamment des disjoncteurs électroniques quatre voies réglables jusqu’à 10 A et pouvant être associés à des modules de communication IO-Link ou PROFINET.

Pour une machine disposant d’une armoire importante et de nombreux départs regroupés au même endroit, cette architecture reste extrêmement pertinente.

MICO67 devient plus intéressant lorsque les charges sont géographiquement dispersées.


Ce que MICO67 apporte réellement

Le produit ne révolutionne pas la protection électronique 24 V. Des modules de sélectivité existent depuis longtemps.

La véritable évolution est l’emplacement de cette protection.

Depuis plusieurs années, l’automatisation industrielle déplace progressivement les E/S hors de l’armoire. IO-Link, les masters IP67 et les solutions de connectique M12 ont largement accéléré cette tendance.

La distribution électrique suit aujourd’hui la même direction.

En associant connectique M12, protection électronique, diagnostic et IP67, MICO67 permet de construire des modules machine pratiquement autonomes en matière de distribution 24 V.

Et c’est probablement là que le produit prend tout son sens.

Les points de vigilance

La décentralisation ne signifie pas que toutes les protections doivent disparaître de l’armoire. Le dimensionnement de l’alimentation principale, des conducteurs, des protections amont et des courants de court-circuit reste indispensable.

Il faut également surveiller le courant total de 16 A disponible sur le module. Quatre sorties capables chacune de fournir 6 A ne signifient évidemment pas que quatre charges de 6 A peuvent fonctionner simultanément à pleine puissance.

Le choix entre M12 codé A et M12 codé L doit aussi être pensé dès la conception, notamment si l’on souhaite standardiser la connectique d’une gamme complète de machines.

Enfin, une architecture décentralisée déplace une partie du coût du coffret vers les composants terrain et la connectique. Le gain doit donc être évalué sur l’ensemble du câblage et du temps d’installation, et pas uniquement sur le prix d’achat du module.

Conclusion

Avec les nouvelles variantes MICO67-Standard-4.4 et 4.6, Murrelektronik continue de pousser un principe qui devrait prendre de plus en plus de place dans la conception des machines : rapprocher l’alimentation, la distribution et la protection des équipements qu’elles alimentent.

Pour une petite machine compacte disposant d’une armoire à proximité de chaque consommateur, une distribution classique restera parfaitement pertinente.

En revanche, sur une machine modulaire, une cellule robotisée ou une ligne comportant de nombreux équipements répartis sur plusieurs mètres, placer les protections 24 V directement sur le terrain peut réduire fortement la quantité de câblage et améliorer le diagnostic.

La MICO67 illustre ainsi une évolution plus large de l’automatisation : après les E/S déportées et IO-Link, c’est maintenant une partie de l’architecture électrique elle-même qui sort progressivement de l’armoire.